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    [content] => Énorme journée de glandage. On fait tellement rien qu'on s'ennuie. On a plus un sou et ce n'est pas maintenant qu'on va retirer du cash. On part pour l'aéroport vers 16:00, Quentin a son avion vers minuit.

C'est un véritable chemin de croix pour s'y rendre, la ligne de metro est en construction, et les bus n'y vont pas directement.

On met 3h pour faire 15Km et on arrive enfin au terminal 2... Qui est fermé. Il y a bien des pancartes en Hindi un peu partout (ce qui est très futé pour un aéroport international) qui indiquent que les vols ont été transférés au terminal 3. On finit par comprendre.

Il faut traverser un chantier, passer au milieu des tractopelles pour atteindre ce magnifique bâtiment... Dans lequel on ne peut pas entrer. Car cet aéroport est sans doute le seul au monde où les voyageurs restent dehors, on ne peut y entrer qu'entre 3:00 et 2:59 avant son vol.

Ce qui est cool c'est que les commerces sont à l'intérieur et perdent ainsi d'énormes volumes de ventes potentielles.

Bref on a vite abandonné Quentin qui après une heure d'attente a eu le droit de franchir la porte magique et on s'est mis en recherche active d'une bouteille d'eau. Sans aucun commerce dans les environs c'était pas facile, compte tenu du fait qu'on avait que des euros.

Heureusement un chauffeur de taxi avait la solution a tous nos problèmes.

Avant de conter cette merveilleuse histoire il faut préciser que le chauffeur de taxi en Inde est tellement immergé dans l'escroquerie qu'il fait passer les patrons de boites véreux de la place Pigalle pour des enfants de cœur.

Alors il nous a proposé de nous emmener pour 150 roupies (ce qui est déjà cher) dans un hôtel non loin de là (et qui était en fait assez loin) où nous pourrions payer par carte. Ce n'est pas vraiment ce qu'on avait prévu mais dans la mesure où la nuit d'hôtel la plus cher que nous ayons faite nous a coûté 250 roupies soit 4,8€, on s'est dit qu'au pire ça pourrait convenir.

Sauf que cet hôtel là, il était 10 fois plus cher, 6000 roupies, soit 95€ pour deux personnes. On a bien rigolé en refusant la chambre ce qui a fait moins rire le chauffeur de taxi (qui rétrospectivement n'est même pas chauffeur de taxi mais possède simplement une voiture).

Ensuite on a été à côté de l'hôtel dans un bureau d'information touristique où ils ont changé notre billet de 10€, en n'oubliant pas de nous proposer quelques hôtels hors de prix que nous nous sommes empressés de refuser. On avait enfin un billet de 500 roupies et on a payé le chauffeur, qui avait décidé de ne pas nous rendre la monnaie.

Son calcul était simple: pas d'hôtel, pas de commission juteuse, donc il prélevait à la source, 200 roupies plus 150 par personne. Je lui ai gueulé dessus, arraché le billet des mains, et vu qu'il y avait des témoins il n'a pas trop bronché. J'ai été faire de la monnaie, et je lui ai filé son pognon.

On a pu acheter de l'eau en quantité industrielle et des clopes.

Il est revenu à la charge en nous proposant de nous ramener à l'aéroport pour 200 roupies. Il m'a appellé "mon ami", ce que j'ai du entendre 300 fois ici, et je lui ai fait finement observé qu'étant un fin gestionnaire je voyais un obstacle insurmontable dans ce concept assez étrange qui consiste à payer le retour plus cher que l'aller.

Il a baissé le prix a 150 roupies et on est partit. Quelque centaines de mètres plus loin il m'a demandé de le payer immédiatement, ce que j'ai naturellement refusé de faire. Il s'est alors montré très agressif et a déchainé sa colère en voyant qu'il s'était trompé de gibier et que nous n'étions pas les vaches à lait escomptées. Si je lui avait donné son argent à ce moment là il ne nous aurait sans doute pas amené à l'aéroport.

À la fin on est bien arrivé au terminal 3 où ils nous a demandé 200 roupies puisque naturellement il lui fallait 50 roupies de pourboire. Vu qu'il avait verrouillé les portes de l'intérieur il comptait bien nous surfacturer.

C'était sans compter la finesse et la vivacité d'esprit de Romain Turgné qui a simplement ouvert la vitre et déverrouillé la porte de l'extérieur. J'ai jeté à la gueule du chauffeur cet argent qu'il méritait à peine, et nous avons été admis au salon d'attente climatisé de l'aéroport.

Si j'avais un seul conseil à donner à ceux qui se rendent en Inde, c'est de ne jamais croire, écouter, ou faire confiance aux chauffeurs de taxi/rickshaw, ne jamais suivre leurs conseils, ne pas hésiter si il y a un taximètre a exiger qu'il soit mis en marche, et ne jamais utiliser plus d'une fois les services d'un même chauffeur. Négocier fermement, ne jamais se laisser démonter.

Je n'étais pas ravi de partir, j'aurais bien repoussé mon départ de 15 jours si j'en avais eu la possibilité, mais cette journée m'a rappellé qu'en Inde il faut toujours être aux aguets, l'arnaque n'est jamais loin. C'est psychologiquement assez usant, et j'ai besoin de me reposer, en passant quelques jours Gare du Nord (joke).

Aujourd'hui j'ai du être agressif, pour la première fois ici, ce qui veut probablement dire qu'il est temps pour moi de rentrer.

J'ai eu beaucoup de plaisir à raconter nos aventures ici, et je pense faire de même la saison prochaine. Ça ne sera pas en Inde, peut-être en Thaïlande, au Laos, ou en Amérique du sud.

Ce blog va retourner à sa vocation première: du droit communautaire et européen. Quelques commentaires, et quelques articles, à un rythme moins soutenu.

Je mettrai à jour la galerie de photos la semaine prochaine.

D'ici là, merci de votre attention.

Namaste.
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by seb - 2010-07-28 17:59
Énorme journée de glandage. On fait tellement rien qu'on s'ennuie. On a plus un sou et ce n'est pas maintenant qu'on va retirer du cash. On part pour l'aéroport vers 16:00, Quentin a son avion vers minuit.

C'est un véritable chemin de croix pour s'y rendre, la ligne de metro est en construction, et les bus n'y vont pas directement.

On met 3h pour faire 15Km et on arrive enfin au terminal 2... Qui est fermé. Il y a bien des pancartes en Hindi un peu partout (ce qui est très futé pour un aéroport international) qui indiquent que les vols ont été transférés au terminal 3. On finit par comprendre.

Il faut traverser un chantier, passer au milieu des tractopelles pour atteindre ce magnifique bâtiment... Dans lequel on ne peut pas entrer. Car cet aéroport est sans doute le seul au monde où les voyageurs restent dehors, on ne peut y entrer qu'entre 3:00 et 2:59 avant son vol.

Ce qui est cool c'est que les commerces sont à l'intérieur et perdent ainsi d'énormes volumes de ventes potentielles.

Bref on a vite abandonné Quentin qui après une heure d'attente a eu le droit de franchir la porte magique et on s'est mis en recherche active d'une bouteille d'eau. Sans aucun commerce dans les environs c'était pas facile, compte tenu du fait qu'on avait que des euros.

Heureusement un chauffeur de taxi avait la solution a tous nos problèmes.

Avant de conter cette merveilleuse histoire il faut préciser que le chauffeur de taxi en Inde est tellement immergé dans l'escroquerie qu'il fait passer les patrons de boites véreux de la place Pigalle pour des enfants de cœur.

Alors il nous a proposé de nous emmener pour 150 roupies (ce qui est déjà cher) dans un hôtel non loin de là (et qui était en fait assez loin) où nous pourrions payer par carte. Ce n'est pas vraiment ce qu'on avait prévu mais dans la mesure où la nuit d'hôtel la plus cher que nous ayons faite nous a coûté 250 roupies soit 4,8€, on s'est dit qu'au pire ça pourrait convenir.

Sauf que cet hôtel là, il était 10 fois plus cher, 6000 roupies, soit 95€ pour deux personnes. On a bien rigolé en refusant la chambre ce qui a fait moins rire le chauffeur de taxi (qui rétrospectivement n'est même pas chauffeur de taxi mais possède simplement une voiture).

Ensuite on a été à côté de l'hôtel dans un bureau d'information touristique où ils ont changé notre billet de 10€, en n'oubliant pas de nous proposer quelques hôtels hors de prix que nous nous sommes empressés de refuser. On avait enfin un billet de 500 roupies et on a payé le chauffeur, qui avait décidé de ne pas nous rendre la monnaie.

Son calcul était simple: pas d'hôtel, pas de commission juteuse, donc il prélevait à la source, 200 roupies plus 150 par personne. Je lui ai gueulé dessus, arraché le billet des mains, et vu qu'il y avait des témoins il n'a pas trop bronché. J'ai été faire de la monnaie, et je lui ai filé son pognon.

On a pu acheter de l'eau en quantité industrielle et des clopes.

Il est revenu à la charge en nous proposant de nous ramener à l'aéroport pour 200 roupies. Il m'a appellé "mon ami", ce que j'ai du entendre 300 fois ici, et je lui ai fait finement observé qu'étant un fin gestionnaire je voyais un obstacle insurmontable dans ce concept assez étrange qui consiste à payer le retour plus cher que l'aller.

Il a baissé le prix a 150 roupies et on est partit. Quelque centaines de mètres plus loin il m'a demandé de le payer immédiatement, ce que j'ai naturellement refusé de faire. Il s'est alors montré très agressif et a déchainé sa colère en voyant qu'il s'était trompé de gibier et que nous n'étions pas les vaches à lait escomptées. Si je lui avait donné son argent à ce moment là il ne nous aurait sans doute pas amené à l'aéroport.

À la fin on est bien arrivé au terminal 3 où ils nous a demandé 200 roupies puisque naturellement il lui fallait 50 roupies de pourboire. Vu qu'il avait verrouillé les portes de l'intérieur il comptait bien nous surfacturer.

C'était sans compter la finesse et la vivacité d'esprit de Romain Turgné qui a simplement ouvert la vitre et déverrouillé la porte de l'extérieur. J'ai jeté à la gueule du chauffeur cet argent qu'il méritait à peine, et nous avons été admis au salon d'attente climatisé de l'aéroport.

Si j'avais un seul conseil à donner à ceux qui se rendent en Inde, c'est de ne jamais croire, écouter, ou faire confiance aux chauffeurs de taxi/rickshaw, ne jamais suivre leurs conseils, ne pas hésiter si il y a un taximètre a exiger qu'il soit mis en marche, et ne jamais utiliser plus d'une fois les services d'un même chauffeur. Négocier fermement, ne jamais se laisser démonter.

Je n'étais pas ravi de partir, j'aurais bien repoussé mon départ de 15 jours si j'en avais eu la possibilité, mais cette journée m'a rappellé qu'en Inde il faut toujours être aux aguets, l'arnaque n'est jamais loin. C'est psychologiquement assez usant, et j'ai besoin de me reposer, en passant quelques jours Gare du Nord (joke).

Aujourd'hui j'ai du être agressif, pour la première fois ici, ce qui veut probablement dire qu'il est temps pour moi de rentrer.

J'ai eu beaucoup de plaisir à raconter nos aventures ici, et je pense faire de même la saison prochaine. Ça ne sera pas en Inde, peut-être en Thaïlande, au Laos, ou en Amérique du sud.

Ce blog va retourner à sa vocation première: du droit communautaire et européen. Quelques commentaires, et quelques articles, à un rythme moins soutenu.

Je mettrai à jour la galerie de photos la semaine prochaine.

D'ici là, merci de votre attention.

Namaste.