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    [title] => L'économie du XXIème siècle a besoin de politiques du XXIème siècle
    [content] => Il faut vivre au XXeme siècle pour penser que le plein emploi est possible, avec l'automatisation toujours plus présente dans tous les domaines de la vie quotidienne (automatisation qui va de surcroît s'emballer dans les années à venir) et avec une mondialisation qui délocalise dans des pays à faible coût les tâches qui représentent le moins de valeur ajoutée.

Il faut vivre au XXème siècle (et/ou ne pas avoir lu Piketty) pour encore croire à cette légende qu'en flexibilisant le travail on améliorera l'employabilité, en d’autres termes, que le chômage serait lié aux difficultés à recruter ou licencier. On sait depuis longtemps que ce n’est pas le cas.

Il faut vivre au XXème siècle enfin pour penser que les rapports entre syndicats et employeurs sont des rapports égalitaires qui peuvent conduire à des accords. Les syndicats ne sont plus représentatifs de rien, faute d’adhérents, et se bornent à concentrer en un même lieu les individus les plus malins et les plus clientèlistes qui y trouveront un havre de calme arrosé d’heures de délégation.

C'est sans doute ça le problème : nous avons des dirigeants du XXème siècle, qui ne comprennent rien à ce qui arrive et qui n’anticipent en rien ce qui va arriver.

On devrait parler de transition sociale ET énergétique, on devrait anticiper la mise en oeuvre d’un revenu de base, soumettre les automates aux cotisations sociales, révolutionner la formation en la rendant obligatoire, et au lieu de ça, on a une réforme du code du travail minable, médiocre, portée par une femme qui n’a justement jamais travaillé, et qui n’avait même pas le Bac quand Martine Aubry et DSK créaient les 35h, qui ont permis jusqu’à aujourd’hui l’économie d’un million de chômeurs.

Il faut néanmoins noter qu’il y a des raisons de se réjouir: cette réforme accentuera comme jamais les injustices sociales, elle favorisera l’élection de Juppé en 2017 qui pourra se permettre de terminer le sale boulot sans n’encaisser aucun progrès notable sur le front de l’emploi, en un mot, cette réforme accélère un moment de notre histoire où nous accepterons de liquider nos vieux dirigeants pour enfin trouver des solutions dignes du XXIème siècle. Il faut simplement espérer que ça ne sera pas dans la violence.
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by seb - 2016-02-19 14:43
Il faut vivre au XXeme siècle pour penser que le plein emploi est possible, avec l'automatisation toujours plus présente dans tous les domaines de la vie quotidienne (automatisation qui va de surcroît s'emballer dans les années à venir) et avec une mondialisation qui délocalise dans des pays à faible coût les tâches qui représentent le moins de valeur ajoutée.

Il faut vivre au XXème siècle (et/ou ne pas avoir lu Piketty) pour encore croire à cette légende qu'en flexibilisant le travail on améliorera l'employabilité, en d’autres termes, que le chômage serait lié aux difficultés à recruter ou licencier. On sait depuis longtemps que ce n’est pas le cas.

Il faut vivre au XXème siècle enfin pour penser que les rapports entre syndicats et employeurs sont des rapports égalitaires qui peuvent conduire à des accords. Les syndicats ne sont plus représentatifs de rien, faute d’adhérents, et se bornent à concentrer en un même lieu les individus les plus malins et les plus clientèlistes qui y trouveront un havre de calme arrosé d’heures de délégation.

C'est sans doute ça le problème : nous avons des dirigeants du XXème siècle, qui ne comprennent rien à ce qui arrive et qui n’anticipent en rien ce qui va arriver.

On devrait parler de transition sociale ET énergétique, on devrait anticiper la mise en oeuvre d’un revenu de base, soumettre les automates aux cotisations sociales, révolutionner la formation en la rendant obligatoire, et au lieu de ça, on a une réforme du code du travail minable, médiocre, portée par une femme qui n’a justement jamais travaillé, et qui n’avait même pas le Bac quand Martine Aubry et DSK créaient les 35h, qui ont permis jusqu’à aujourd’hui l’économie d’un million de chômeurs.

Il faut néanmoins noter qu’il y a des raisons de se réjouir: cette réforme accentuera comme jamais les injustices sociales, elle favorisera l’élection de Juppé en 2017 qui pourra se permettre de terminer le sale boulot sans n’encaisser aucun progrès notable sur le front de l’emploi, en un mot, cette réforme accélère un moment de notre histoire où nous accepterons de liquider nos vieux dirigeants pour enfin trouver des solutions dignes du XXIème siècle. Il faut simplement espérer que ça ne sera pas dans la violence.