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by seb - 2015-12-05 13:02
Quelques pensées à l'approche du premier tour des Régionales.

Lutter contre le fn peut prendre plusieurs forme: tout d'abord un petit historique électoral nous enseigne quelque chose qui est à mon avis fondamental: la solution la plus efficiente pour lutter contre le fn est qu’il soit élu:

1983, Dreux, le fn entre à la mairie en s’alliant avec le RPR. En 2012, Marine Le Pen ne dépasse pas les 14% à Dreux, François Hollande enregistre 40% au premier tour.

1997, Vitrolles, les époux Mégret remportent les municipales haut la main. Lors des municipales suivantes, le FN ne sera plus en mesure d'emporter la mairie.

1995, Toulon, le fn gagne la mairie. Aux municipales suivantes, le fn ne dépassera plus les 8%, les toulonnais paieront les fautes de gestion du maire fn jusqu’en 2050.

Les exemples sont nombreux. Toutes les collectivités où le fn a été élu sont ensuite débarrassées de ce cancer.

Un programme -si l’on peut parler de programme- qui n’est fait que de repli sur soi, de ségrégation institutionnalisée et d’une espèce de bouillie identitaire dans laquelle finalement personne ne se reconnaît vraiment ne résistera jamais à l’épreuve du terrain.

Je ne dis pas qu’il faille se résigner à la progression du front national, mais il faut bien reconnaitre que les élus de ce parti sont des exemples concrets de l’échec idéologique total de ces idées rétrogrades et qu’ils sont les meilleurs ambassadeurs d’un vote utile pour leur barrer la route.

Dans les mois qui viennent il faudra, toujours, citer ces exemples, dénoncer cette mascarade et ces faux-semblants, et marteler à quel point le fhaine est une escroquerie totale, un mensonge qui a pour terreau la pauvreté et pour cible les éléments les plus fragiles de la société.

C'est l'éducation et notamment l'histoire qui devraient être à la pointe de cette lutte: le programme du fn glorifie un passé français qui serait forcément idéal par rapport à ce que nous vivons aujourd'hui. Il est vrai que l'école ne nous enseigne que les victoires et jamais les défaites. Il faudrait au contraire expliquer aux gens à quelle époque la France a été plus agréable à vivre qu'aujourd'hui...

Était-ce lors de la première guerre mondiale, lorsqu'on a envoyé des millions de personne à la boucherie ? Lors des campagnes Napoléoniennes tout aussi meurtrières, époque où l'esclavage était légal ? Était-ce pendant les grandes heures du gaullisme, du SAC, de l'OAS, du contrôle des médias, de ces 30 glorieuses tellement agréables à vivre qu'elles ont donné l'explosion sociale de mai 68 ? Était-ce les années Giscard avec la peine de mort, les chocs pétroliers et une pauvreté qui était encore synonyme de marginalisation sociale ? Connaît-on aujourd'hui les mêmes privations, les mêmes vies misérables, les mêmes lourdeurs sociétales que celles qui se sont succédées en France durant des siècles ? Non, nous vivons au contraire dans un pays qui a rarement été aussi agréable à vivre, quelque soit sa condition sociale, et c'est à l'école de nous le rappeler, faute de quoi ce sont les extrémistes qui se chargeront de réécrire l'histoire.

Ces idées d'un passé toujours meilleur ne sont pas neuves, elles s’expriment ailleurs chez Donald Trump, chez Aube Dorée, ou il y a quelques années chez Jorg Haider en Autriche. Là encore, d’ailleurs, le FPÖ n’a jamais été réélu.

Les progressistes peuvent et doivent s'enorgueillir d'avoir apporté à notre pays les plus grandes avancées sociales de notre époque: les congés payés, l'abolition de la peine de mort, l'ouverture sur le monde, le mariage pour tous, la lutte contre les inégalités, les 35 heures, la modernisation de notre économie. Nous devons en être fier et assumer que si le monde entier envie notre art de vivre c'est aussi grâce à ce que nous avons fait.

C'est un défi tout à fait passionnant que de convaincre ceux qui se sont laissés embarquer dans cette voie sans issue qu'est le vote fn. Nous avons le temps et l'énergie pour le faire, l'époque nous le permet.