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    [title] => Pierre-Paul RUBENS - Le Débarquement de Marie de Médicis au port de Marseille le 3 Novembre 1600
    [content] => [i]Issu d'un exposé réalisé à l'Université Bordeaux 3[/i]

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[b]I-Identification de l'oeuvre[/b]

• [b]Nom du peintre[/b] Pierre-Paul RUBENS
• [b]Dates, lieux de naissance et de mort du peintre[/b] 1577 Siegen (Westphalie) -   1640 Anvers
• [b]TItre[/b] Le Débarquement de Marie de Médicis au port de Marseille le 3 Novembre 1600.
• [b]Date[/b] réalisé entre 1621et 1624 (Epoque Baroque)
• [b]Techniques picturales et supports utilisés[/b] Huile sur toile
• [b]Dimensions[/b] 3,94m x 2,95m
• [b]Localisation actuelle[/b] Paris - Musée du Louvre, Galerie de Médicis.


[b]2-Circonstances historiques de la création et histoire ultérieure[/b]

Cette oeuvre fait partie d'une commande de Marie de Médicis, comprenant 21 toiles exécutées par Rubens pour la décoration d'une des galleries du palais du luxembourg à Paris.
Il s'agit d'une commande faite en 1621, le programme de l'ensemble fut élaboré par l'Abbé de Saint-Ambroise, La Reine elle-même, le Cardinal de Richelieu, et Rubens. Le tout se trouve aujourd'hui au Louvre.
Ce cyle devait représenter les étapes importantes du régne de Marie de Médicis.
Le tableau étudié illustre l'arrivée de Marie de Médicis au port de Marseille, le 3 Novembre 1600, Alors qu'elle était en chemin pour Lyon où son mariage avec Henri IV devait être célébré.
[b]II-Analyse de l'oeuvre[/b]

[b]1-Description générale[/b]

Même si on ne peut pas parler de registre la toile est bien séparée en deux parties horizontales par une grande draperie rouge.
Au niveau superieur, la scéne du débarquement proprement dite, avec Marie de Médicis trônant au centre, lumineuse, entourée de ses suivantes, saluée par Neptune.
Au niveau inférieur, une scéne mythologique sur laquelle nous reviendrons plus loin.

[b]2-Iconographie[/b]

[b]• Genre[/b] Profane
[b]• Sujet explicité[/b]
L'arrivée de Marie de médicis au port de Marseille constitue la première étape de son ascension à la tête de l'état, et pour prouver sa légitimité en tant que souveraine il était essentiel que le tableau ait l'aspect le plus glorieux et le plus majestueux possible.
[b]• Références et sources[/b]
L'illustration de la vie de Marie de Médicis est la principale quête de l'artiste, aussi, les bien maigres exploits de Marie de Médicis sont enveloppés tout au long du cycle dans les vêtements de l'allégorie, mobilisant des Dieux antiques pour la glorifier, et rassemblant des symboles et allusions chrétiennes pour la parer, car Rubens est un grand défenseur de la Reine.
Ainsi, la Souveraine est représentée entourée de ses suivantes, saluée par des allégories de la France et de la ville portuaire.
• Petits rappels sur Marie de médicis.
Epouse d'Henri IV, elle devient régente lorsque celui-ci est assassiné en 1610. Elle entre alors en conflit avec son fils Louis XIII qui la bannit du Royaume une première fois en 1618. Ils se réconcilient en 1620, elle revient alors à Paris, et commence à décorer son Palais. En 1631, ses incessantes querelles avec la cour lui font quitter le pays une nouvelle fois.
[b]• Significations et valeurs symboliques [/b]
Le contenu du tableau n'a été déchiffré qu'en 1777 par le poéte Wilhelm Heinse à la lecture des Idylles de Théocrite. La scéne dépeinte ici est issue de Castor et Pollux, tous deux fils de Léda, Pollux étant immortel car fils de Zeus. Ceux-ci enlévent les deux filles de Leucippe, promises aux jumeaux Idas et Lyncée, pendant la célébration de leur mariage.

[b]3-Composition[/b]

[b]• Statut de l'oeuvre[/b]
Elément d'une série de 21 tableaux. La pinacothéque de Munich en conserve 16 esquisses.
[b]• Structure générale interne et traitement de l'espace[/b]
Le tableau est séparé en deux parties au niveau du balcon et du rideau, Marie de Médicis semble s'avancer vers un avenir radieux, au-dessus d'elle, on aperçoit Fama, Neptune et et les néréides ont accompagné le vaisseau et lui ont assuré une traversée paisible.
Au niveau inférieur, les deux filles de Leucippe, soulevées hors de l'emprise terrestre, elle sont arrachées vers des hauteurs olympiennes du Zeus célestes, et au-dessus d'elle, se trouve Marie de Médicis. Bien que cette scéne semble agitée et pleine de tension, Rubens a apaisé l'action en faisant s'écouler les mouvements les uns dans les autres avec un grand art.

[b]4-Dessin[/b]

[b]• Caractére du dessin[/b]
Représentation trés naturaliste des personnages, et dessin trés abouti de l'eau glissant sur les jambes des leucippides. Drapés du cavalier avec la fleur de lys royale trés réussi. Rubens a su donner beaucoup d'éclat a sa composition.

[b]5-Couleur[/b]

Palette plutôt sombre, avec des gammes roses-orangés, apparence chaleureuse de l'ensemble, on pourrait se croire en intérieur.

[b]6-Lumiére[/b]

[b]• Nature ou provenance de la source lumineuse[/b] Provient du haut à droite. Rubens avec son génie légendaire pour rendre la lumiére, a disposé des touches délicates et audacieuses, rendant une certaine brillance à l'ensemble, et au final, donnant un effet de lumiére sur une toile aux couleurs plutôt sombres.

[b]III-Situation historique de l'oeuvre[/b]

[b]1-Dans la carriére  de l'artiste[/b]

•Petits rappels biographiques sur Rubens:

Son pére, un Juriste fortuné , aux penchants calviniste doit quitter Anvers. Pierre-Paul Rubens nait donc en exil à Siegen en 1577, et passera son enfance à Cologne. Son pére meurt en 1587, et il rentre à Anvers avec sa mére, il y sera marqué par le catholicisme omniprésent à l'école comme dans la société. Faute de moyens sa mère le retire de l'école à 14 ans, et le place comme page auprès d'une princesse flamande. Il entre ensuite en apprentissage chez Tobias Veraecht, puis chez Adam van Noort, et enfin chez Otto van Veen (Venius). C'est alors qu'il entre en 1598 à la guilde de Saint-Luc comme maître indépendant. Il a alors 21 ans.
En 1600, il part pour l'Italie, comme son pére et comme son maître l'avaient fait avant lui. A Venise, le duc de Mantoue, Vincent Gonzague, le remarque et le prend à son service. Rubens l'accompagne dans ses voyages à Rome et Florence. Il y découvre tous les aspects artistiques de la culture italienne. En 1603 il effectue sa première mission diplomatique, en portant à la cour d'Espagne des cadeaux et des peintures offerts par le duc de Mantoue. Il s'initie en Italie au portrait, et réalise de nombreuses copies de toiles de maître.

En 1608, il est nommé peintre de cour par les régents Albert et Isabelle, il bénéficie d'avantages divers, il est libéré de ses liens avec la guilde, il ne paye pas d'impôts, et il reçoit un salaire annuel de 500 florins. Il épouse Isabella Brant, la fille de l'avocat et secrétaire de la ville, Jan Brant, et met la touche finale à son ascension bourgeoise en acquérant une somptueuse demeure en 1611. Cette réussite sociale provoque une grande affluence de commandes, et malgré sa grande capacité de travail, il ne trouve d'autres moyens d'y faire face que de fonder un atelier de grande envergure, où travaillent des peintres qui sont la plupart du temps déjà formés, comme Van Dyck, Jordaens, et Snyders. La plupart de ses grandes compositions sont de sa main et ses collaborateurs travaillaient sous son étroite surveillance.

Dans les années 1620, il va réaliser de grandes séries, tout d'abord en 1617, lorsque des nobles Gênois lui demandent les cartons pour une série de six tapisseries, illustrants l'histoire de Decius Mus , consul Romain qui se sacrifia pour permettre à son armée de vaincre dans son combat contre les latins. C'est dans ces circonstances qu'en 1621, Marie de Médicis, lui demande de décorer l'une des galeries de son Palais du Luxembourg nouvellement construit. Les 24 toiles racontent la vie de la souveraine, la performance de l'artiste qui a réussi à imposer à un milieu Parisien frileux de grandes envolées baroques, avec des murs rythmés de compositions tantôt statiques tantôt dynamiques.

En 1626, Isabella Brant meurt, interrompant brutalement cette période fastueuse. Il vend toute sa collection d'art au duc de Buckingham pour 100 000 florins. Et en 1630 il épouse Héléne Fourment, fille d'un riche marchand de tapisseries, qui n'a alors que 16 ans. Lui en a alors 53. Il l'immortalisera dans de nombreux portraits. Il se retire progressivement en son chateau de Steen prés de Malines. Sa dernière grande commande est la décoration du pavillon de chasse des rois espagnols, Torre de la Parada, prés de Madrid. il réalise les dessins, mais ne peut plus exécuter lui-même les peintures de grandes dimensions.

Il meurt en 1640 à Anvers. Il a marqué l'art de son siécle comme aucun autre, Ses compositions monumentales préfigurent l'art à venir, que ce soit au plan du dessin, des couleurs, et de la composition.

[b]2-Dans l'histoire de l'art[/b]

Cette toile est un parfait exemple du style baroque rubénien, à savoir la synthèse réussie d'éléments flamands et italiens. Elle est l'illustration de l'une de ses compositions magistrales 

[b]IV-Conclusion[/b]

[b]1-Signification de l'oeuvre[/b]

C'est avant tout une oeuvre au service de Marie de Médicis, elle lui permet de laisser une trace de son passage à la cour royale, ne s'étant guère illustrée par son action, elle a trouvé un moyen de résister au temps.

[b]2-Valeur idéologique[/b]

En faisant grand usage de références antiques, Rubens peint une toile efficace qui atteint le but qui était fixé: glorifier l'arrivée de Marie de Médicis à Marseille, épisode en réalité banal et de peu d'importance

[b]3-Valeur esthétique[/b]

C'est une composition riche et trés travaillée. L'apparence statique cache un rythme bien défini. Rubens a donné à la réalité historique une signification supra-temporelle en abolissant les limites entre l'histoire, domaine terrestre et la sphére des puissances éternelles.

[b]V-Bibliographie[/b]
Ingo F. WALTHER Les maîtres de la peinture Occidentale Ed TASCHEN, Londres, 1995
E. H. GOMBRICH Histoire de l'art, Ed PHAIDON, Londres, 1997
J. P .CUZIN Dictionnaire de la peinture Larousse, Ed. Larousse, Paris, 1999
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by seb - 2003-03-04 22:00
Issu d'un exposé réalisé à l'Université Bordeaux 3




I-Identification de l'oeuvre

• Nom du peintre Pierre-Paul RUBENS
• Dates, lieux de naissance et de mort du peintre 1577 Siegen (Westphalie) - 1640 Anvers
• TItre Le Débarquement de Marie de Médicis au port de Marseille le 3 Novembre 1600.
• Date réalisé entre 1621et 1624 (Epoque Baroque)
• Techniques picturales et supports utilisés Huile sur toile
• Dimensions 3,94m x 2,95m
• Localisation actuelle Paris - Musée du Louvre, Galerie de Médicis.


2-Circonstances historiques de la création et histoire ultérieure

Cette oeuvre fait partie d'une commande de Marie de Médicis, comprenant 21 toiles exécutées par Rubens pour la décoration d'une des galleries du palais du luxembourg à Paris.
Il s'agit d'une commande faite en 1621, le programme de l'ensemble fut élaboré par l'Abbé de Saint-Ambroise, La Reine elle-même, le Cardinal de Richelieu, et Rubens. Le tout se trouve aujourd'hui au Louvre.
Ce cyle devait représenter les étapes importantes du régne de Marie de Médicis.
Le tableau étudié illustre l'arrivée de Marie de Médicis au port de Marseille, le 3 Novembre 1600, Alors qu'elle était en chemin pour Lyon où son mariage avec Henri IV devait être célébré.
II-Analyse de l'oeuvre

1-Description générale

Même si on ne peut pas parler de registre la toile est bien séparée en deux parties horizontales par une grande draperie rouge.
Au niveau superieur, la scéne du débarquement proprement dite, avec Marie de Médicis trônant au centre, lumineuse, entourée de ses suivantes, saluée par Neptune.
Au niveau inférieur, une scéne mythologique sur laquelle nous reviendrons plus loin.

2-Iconographie

• Genre Profane
• Sujet explicité
L'arrivée de Marie de médicis au port de Marseille constitue la première étape de son ascension à la tête de l'état, et pour prouver sa légitimité en tant que souveraine il était essentiel que le tableau ait l'aspect le plus glorieux et le plus majestueux possible.
• Références et sources
L'illustration de la vie de Marie de Médicis est la principale quête de l'artiste, aussi, les bien maigres exploits de Marie de Médicis sont enveloppés tout au long du cycle dans les vêtements de l'allégorie, mobilisant des Dieux antiques pour la glorifier, et rassemblant des symboles et allusions chrétiennes pour la parer, car Rubens est un grand défenseur de la Reine.
Ainsi, la Souveraine est représentée entourée de ses suivantes, saluée par des allégories de la France et de la ville portuaire.
• Petits rappels sur Marie de médicis.
Epouse d'Henri IV, elle devient régente lorsque celui-ci est assassiné en 1610. Elle entre alors en conflit avec son fils Louis XIII qui la bannit du Royaume une première fois en 1618. Ils se réconcilient en 1620, elle revient alors à Paris, et commence à décorer son Palais. En 1631, ses incessantes querelles avec la cour lui font quitter le pays une nouvelle fois.
• Significations et valeurs symboliques
Le contenu du tableau n'a été déchiffré qu'en 1777 par le poéte Wilhelm Heinse à la lecture des Idylles de Théocrite. La scéne dépeinte ici est issue de Castor et Pollux, tous deux fils de Léda, Pollux étant immortel car fils de Zeus. Ceux-ci enlévent les deux filles de Leucippe, promises aux jumeaux Idas et Lyncée, pendant la célébration de leur mariage.

3-Composition

• Statut de l'oeuvre
Elément d'une série de 21 tableaux. La pinacothéque de Munich en conserve 16 esquisses.
• Structure générale interne et traitement de l'espace
Le tableau est séparé en deux parties au niveau du balcon et du rideau, Marie de Médicis semble s'avancer vers un avenir radieux, au-dessus d'elle, on aperçoit Fama, Neptune et et les néréides ont accompagné le vaisseau et lui ont assuré une traversée paisible.
Au niveau inférieur, les deux filles de Leucippe, soulevées hors de l'emprise terrestre, elle sont arrachées vers des hauteurs olympiennes du Zeus célestes, et au-dessus d'elle, se trouve Marie de Médicis. Bien que cette scéne semble agitée et pleine de tension, Rubens a apaisé l'action en faisant s'écouler les mouvements les uns dans les autres avec un grand art.

4-Dessin

• Caractére du dessin
Représentation trés naturaliste des personnages, et dessin trés abouti de l'eau glissant sur les jambes des leucippides. Drapés du cavalier avec la fleur de lys royale trés réussi. Rubens a su donner beaucoup d'éclat a sa composition.

5-Couleur

Palette plutôt sombre, avec des gammes roses-orangés, apparence chaleureuse de l'ensemble, on pourrait se croire en intérieur.

6-Lumiére

• Nature ou provenance de la source lumineuse Provient du haut à droite. Rubens avec son génie légendaire pour rendre la lumiére, a disposé des touches délicates et audacieuses, rendant une certaine brillance à l'ensemble, et au final, donnant un effet de lumiére sur une toile aux couleurs plutôt sombres.

III-Situation historique de l'oeuvre

1-Dans la carriére de l'artiste

•Petits rappels biographiques sur Rubens:

Son pére, un Juriste fortuné , aux penchants calviniste doit quitter Anvers. Pierre-Paul Rubens nait donc en exil à Siegen en 1577, et passera son enfance à Cologne. Son pére meurt en 1587, et il rentre à Anvers avec sa mére, il y sera marqué par le catholicisme omniprésent à l'école comme dans la société. Faute de moyens sa mère le retire de l'école à 14 ans, et le place comme page auprès d'une princesse flamande. Il entre ensuite en apprentissage chez Tobias Veraecht, puis chez Adam van Noort, et enfin chez Otto van Veen (Venius). C'est alors qu'il entre en 1598 à la guilde de Saint-Luc comme maître indépendant. Il a alors 21 ans.
En 1600, il part pour l'Italie, comme son pére et comme son maître l'avaient fait avant lui. A Venise, le duc de Mantoue, Vincent Gonzague, le remarque et le prend à son service. Rubens l'accompagne dans ses voyages à Rome et Florence. Il y découvre tous les aspects artistiques de la culture italienne. En 1603 il effectue sa première mission diplomatique, en portant à la cour d'Espagne des cadeaux et des peintures offerts par le duc de Mantoue. Il s'initie en Italie au portrait, et réalise de nombreuses copies de toiles de maître.

En 1608, il est nommé peintre de cour par les régents Albert et Isabelle, il bénéficie d'avantages divers, il est libéré de ses liens avec la guilde, il ne paye pas d'impôts, et il reçoit un salaire annuel de 500 florins. Il épouse Isabella Brant, la fille de l'avocat et secrétaire de la ville, Jan Brant, et met la touche finale à son ascension bourgeoise en acquérant une somptueuse demeure en 1611. Cette réussite sociale provoque une grande affluence de commandes, et malgré sa grande capacité de travail, il ne trouve d'autres moyens d'y faire face que de fonder un atelier de grande envergure, où travaillent des peintres qui sont la plupart du temps déjà formés, comme Van Dyck, Jordaens, et Snyders. La plupart de ses grandes compositions sont de sa main et ses collaborateurs travaillaient sous son étroite surveillance.

Dans les années 1620, il va réaliser de grandes séries, tout d'abord en 1617, lorsque des nobles Gênois lui demandent les cartons pour une série de six tapisseries, illustrants l'histoire de Decius Mus , consul Romain qui se sacrifia pour permettre à son armée de vaincre dans son combat contre les latins. C'est dans ces circonstances qu'en 1621, Marie de Médicis, lui demande de décorer l'une des galeries de son Palais du Luxembourg nouvellement construit. Les 24 toiles racontent la vie de la souveraine, la performance de l'artiste qui a réussi à imposer à un milieu Parisien frileux de grandes envolées baroques, avec des murs rythmés de compositions tantôt statiques tantôt dynamiques.

En 1626, Isabella Brant meurt, interrompant brutalement cette période fastueuse. Il vend toute sa collection d'art au duc de Buckingham pour 100 000 florins. Et en 1630 il épouse Héléne Fourment, fille d'un riche marchand de tapisseries, qui n'a alors que 16 ans. Lui en a alors 53. Il l'immortalisera dans de nombreux portraits. Il se retire progressivement en son chateau de Steen prés de Malines. Sa dernière grande commande est la décoration du pavillon de chasse des rois espagnols, Torre de la Parada, prés de Madrid. il réalise les dessins, mais ne peut plus exécuter lui-même les peintures de grandes dimensions.

Il meurt en 1640 à Anvers. Il a marqué l'art de son siécle comme aucun autre, Ses compositions monumentales préfigurent l'art à venir, que ce soit au plan du dessin, des couleurs, et de la composition.

2-Dans l'histoire de l'art

Cette toile est un parfait exemple du style baroque rubénien, à savoir la synthèse réussie d'éléments flamands et italiens. Elle est l'illustration de l'une de ses compositions magistrales

IV-Conclusion

1-Signification de l'oeuvre

C'est avant tout une oeuvre au service de Marie de Médicis, elle lui permet de laisser une trace de son passage à la cour royale, ne s'étant guère illustrée par son action, elle a trouvé un moyen de résister au temps.

2-Valeur idéologique

En faisant grand usage de références antiques, Rubens peint une toile efficace qui atteint le but qui était fixé: glorifier l'arrivée de Marie de Médicis à Marseille, épisode en réalité banal et de peu d'importance

3-Valeur esthétique

C'est une composition riche et trés travaillée. L'apparence statique cache un rythme bien défini. Rubens a donné à la réalité historique une signification supra-temporelle en abolissant les limites entre l'histoire, domaine terrestre et la sphére des puissances éternelles.

V-Bibliographie
Ingo F. WALTHER Les maîtres de la peinture Occidentale Ed TASCHEN, Londres, 1995
E. H. GOMBRICH Histoire de l'art, Ed PHAIDON, Londres, 1997
J. P .CUZIN Dictionnaire de la peinture Larousse, Ed. Larousse, Paris, 1999