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    [title] => Seizième jour - Delphes
    [content] => [i]Par Anthony, et Seb[/i]

Ce matin nous allons donc visiter la majeure partie du site de Delphes, après un levé pas trop tardif et un petit café nous sommes très agréablement surpris de constater que pour le weekend, l'entrée du site est gratuite, ainsi que le musée, que nous n'aurions surement pas visité.
 
Le site est relativement vaste mais l'ensemble est plutôt mal conservé. Le cancer qui ronge les monuments grecs reste le tremblement de terre, responsable de la plupart des dommages sur les sites antiques.

L'amphithéâtre et le grand stadium (qui avait lui aussi été payé par ce brave Hérodes Atticus) sont en bon état relatif grâce à des actions de mécénat.

Le temple d'Apollon, qui abritait le fameux oracle de Delphes, la Tholos et la plupart des monuments ne sont matérialisés que par quelques colonnes ou sous-bassement.

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Le site est cependant très intéressant, et des dessins et maquettes nous permettent de mieux nous rendre compte de la magnificence des lieux à leur apogée.

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Nous y passons la matinée et clôturons par le musée où de nombreuses pièces antiques sont exposées, statues, bas-reliefs, colonnes, peintures et de nombreuses pierres de marbres gravées et sculptés... Very interesting.

Cela étant, la scénographie et l'état relativement mauvais des pièces exposées en font un musée plutôt mineur, comparé -par exemple- au département des antiquités grecques du Louvre. Après tout, les anglais et les français s'étant servi les premiers, ils ont pris les pièces les plus intéressantes.

Après cela nous organisons notre plan machiavélique autour d'une petite bière : nous voulons désormais rejoindre le site des météores en stop pour économiser un peu de transport et de plus nous avons du temps d'avance.

Il s'agit d'une expérience, pas d'une nécessité, nous pouvons admettre un éventuel échec.

Et cet échec sera cuisant.

Nous nous séparons en nous donnant rendez-vous le soir (optimisme à la limite de la stupidité) à Kalampaka, 200km plus loin.

Le début se déroule au mieux, Seb et moi sommes rapidement pris par un couple de jeunes grecs puis par un pompier qui nous font faire chacun un bond de dix kilomètres.

Romain étant resté en arrière, nous atterrissons donc tous deux dans la funeste ville d'Amfissa.

Le temple d'Apollon à Delphes avait en son centre une fissure plongeant dans les entrailles de la terre, d'où remontait du souffre qui faisait rentrer la pythie (l'oracle) en transe. Les anciens en avaient déduit que le monde avait Delphes pour nombril.

Ils avaient oublié qu'à vingt kilomètres de là le monde avait aussi Amfissa pour Rectum.

Nous nous retrouvons donc sur la route principale en direction de Lamia, bourgade intermédiaire entre ici et les météores, mais las ! Aucune voiture ne daignera nous prendre à son bord. Une heure sans aucune touche. Au loin une silhouette s'approche lentement, un châle noir flottant au vent, c'est Romain.

Il s'est fait prendre en stop par deux voitures lui aussi. Le premier lui a proposé le gite, le couvert, et de l'emmener à Lamia le lendemain, le second, un boulanger, lui a donné toute une cargaison de pâtisseries. Sa bonne étoile lui a encore été favorable.

Il assiste avec nous, impuissant, au balais des voitures (rares) qui passent en trombe, et décide de rentrer à pieds à Delphes. Ce n'est que folie.

Il s'éloigne lentement, comme il est arrivé, Seb et moi nous faisons prendre en stop une nouvelle fois, pour deux kilomètres cette fois-ci. On nous dépose à un croisement, au milieu de nulle part, à coté d'un petit village miteux.

Nous persistons encore, mais la nuit tombe, et c'est avec amertume que nous constatons l'immensité de notre échec.

Un vieux grec nous ramène à Amfissa, où, après avoir erré dans la ville, relativement festive en ce samedi soir nous passons la nuit, comme des chiens, sous la pluie, avec pour seul abri la terrasse d'un imprimeur.

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Pendant ce temps là, Romain, n'écoutant que son courage, aura parcouru près de 25 km à pied et arrivera à Delphes après cinq heures d'efforts, et prendra une chambre d'hôtel hors de prix pour y jouir d'un repos bien mérité.

Une journée qui avait bien commencé, une visite enrichissante, une expérience qui a mal tournée. Comme d'habitude ça aurait pu être encore pire. Les grecs conduisent vite, et mal.

Nous sommes séparés mais nous gardons contact avec Romain par SMS.

Sur notre marbre, la pluie battant dehors, nous excluons le stop des moyens admissibles de déplacement.
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by seb - 2011-10-07 18:01
Par Anthony, et Seb

Ce matin nous allons donc visiter la majeure partie du site de Delphes, après un levé pas trop tardif et un petit café nous sommes très agréablement surpris de constater que pour le weekend, l'entrée du site est gratuite, ainsi que le musée, que nous n'aurions surement pas visité.
 
Le site est relativement vaste mais l'ensemble est plutôt mal conservé. Le cancer qui ronge les monuments grecs reste le tremblement de terre, responsable de la plupart des dommages sur les sites antiques.

L'amphithéâtre et le grand stadium (qui avait lui aussi été payé par ce brave Hérodes Atticus) sont en bon état relatif grâce à des actions de mécénat.

Le temple d'Apollon, qui abritait le fameux oracle de Delphes, la Tholos et la plupart des monuments ne sont matérialisés que par quelques colonnes ou sous-bassement.



Le site est cependant très intéressant, et des dessins et maquettes nous permettent de mieux nous rendre compte de la magnificence des lieux à leur apogée.



Nous y passons la matinée et clôturons par le musée où de nombreuses pièces antiques sont exposées, statues, bas-reliefs, colonnes, peintures et de nombreuses pierres de marbres gravées et sculptés... Very interesting.

Cela étant, la scénographie et l'état relativement mauvais des pièces exposées en font un musée plutôt mineur, comparé -par exemple- au département des antiquités grecques du Louvre. Après tout, les anglais et les français s'étant servi les premiers, ils ont pris les pièces les plus intéressantes.

Après cela nous organisons notre plan machiavélique autour d'une petite bière : nous voulons désormais rejoindre le site des météores en stop pour économiser un peu de transport et de plus nous avons du temps d'avance.

Il s'agit d'une expérience, pas d'une nécessité, nous pouvons admettre un éventuel échec.

Et cet échec sera cuisant.

Nous nous séparons en nous donnant rendez-vous le soir (optimisme à la limite de la stupidité) à Kalampaka, 200km plus loin.

Le début se déroule au mieux, Seb et moi sommes rapidement pris par un couple de jeunes grecs puis par un pompier qui nous font faire chacun un bond de dix kilomètres.

Romain étant resté en arrière, nous atterrissons donc tous deux dans la funeste ville d'Amfissa.

Le temple d'Apollon à Delphes avait en son centre une fissure plongeant dans les entrailles de la terre, d'où remontait du souffre qui faisait rentrer la pythie (l'oracle) en transe. Les anciens en avaient déduit que le monde avait Delphes pour nombril.

Ils avaient oublié qu'à vingt kilomètres de là le monde avait aussi Amfissa pour Rectum.

Nous nous retrouvons donc sur la route principale en direction de Lamia, bourgade intermédiaire entre ici et les météores, mais las ! Aucune voiture ne daignera nous prendre à son bord. Une heure sans aucune touche. Au loin une silhouette s'approche lentement, un châle noir flottant au vent, c'est Romain.

Il s'est fait prendre en stop par deux voitures lui aussi. Le premier lui a proposé le gite, le couvert, et de l'emmener à Lamia le lendemain, le second, un boulanger, lui a donné toute une cargaison de pâtisseries. Sa bonne étoile lui a encore été favorable.

Il assiste avec nous, impuissant, au balais des voitures (rares) qui passent en trombe, et décide de rentrer à pieds à Delphes. Ce n'est que folie.

Il s'éloigne lentement, comme il est arrivé, Seb et moi nous faisons prendre en stop une nouvelle fois, pour deux kilomètres cette fois-ci. On nous dépose à un croisement, au milieu de nulle part, à coté d'un petit village miteux.

Nous persistons encore, mais la nuit tombe, et c'est avec amertume que nous constatons l'immensité de notre échec.

Un vieux grec nous ramène à Amfissa, où, après avoir erré dans la ville, relativement festive en ce samedi soir nous passons la nuit, comme des chiens, sous la pluie, avec pour seul abri la terrasse d'un imprimeur.



Pendant ce temps là, Romain, n'écoutant que son courage, aura parcouru près de 25 km à pied et arrivera à Delphes après cinq heures d'efforts, et prendra une chambre d'hôtel hors de prix pour y jouir d'un repos bien mérité.

Une journée qui avait bien commencé, une visite enrichissante, une expérience qui a mal tournée. Comme d'habitude ça aurait pu être encore pire. Les grecs conduisent vite, et mal.

Nous sommes séparés mais nous gardons contact avec Romain par SMS.

Sur notre marbre, la pluie battant dehors, nous excluons le stop des moyens admissibles de déplacement.