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Category • Opinions
by seb - 2016-09-11 10:55
Mon usage des réseaux sociaux ressemble tristement au votre: chaque matin, à peine plus de 10 minutes sur Twitter suffisent pour voir apparaître un message haineux, dirigé contre les femmes, les handicapés, les musulmans, les juifs ou contre un individu en particulier.

Quoi qu’en disent les contempteurs à la Moix, Twitter n’est pourtant pas le lieu de la haine ni le berceau d’un néo-fascisme, ce ne sont pas les contenus racistes ou homophobes qui envahissent les timelines, ce sont, malheureusement, les milliers d’utilisateurs qui les dénoncent qui en amplifient le bruit.

Ce problème de chambre d’écho est inhérent à une plateforme publique sur laquelle le débat est si vivant et ce n’est certainement pas ceux qui s’offusquent des discours de haine qui sont à blâmer.

Que faire alors de ces contenus, si minoritaires et pourtant si exposés ? Comment rendre au débat sa hauteur et rappeler aux haters qu’ils n’expriment pas une opinion mais commettent un délit ?

La responsabilité de l’hébergeur, déjà décriée lors de son adoption, n’est d’aucun secours. Facebook et Twitter sont des sociétés de droit américain qui maintiennent des règles de modération identiques partout dans le monde. Leur demander d’appliquer un pouvoir régalien est un reniement et n’apporte aucune efficacité.

L’enjeu n’est pas la suppression d’un contenu haineux mais une véritable sanction pénale à l’encontre d’un délit et ce ne sont pas des entreprises privées qui peuvent atteindre cet objectif.

Nous avons déjà eu a traiter par le passé des délits répandus et pouvant faire l’objet d’une simple amende. L’état a créé des radars automatiques pour lutter contre les excès de vitesse, et Hadopi pour lutter contre le téléchargement illégal. Quoi qu’on pense de ces solutions, on ne peut que constater que dans les deux cas, les délits ont diminués.

Nous devons donc créer une haute autorité apportant une réponse pénale graduée aux messages et commentaires haineux sur les réseaux sociaux.

Manuel Valls avait annoncé l’embryon d’un tel projet en mai 2015. Ce projet ne se fait pas seulement attendre, il est d’avance sous-dimensionné.

À l’époque l’ambition était la suivante:

Sur Internet, une «unité nationale de lutte contre la haine» va être mise en place pour travailler avec la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. Les hébergeurs auront l’obligation de «disposer d’une représentation juridique en France». Des «e-rappel à la loi» pour «décourager la récidive» seront également prévus.

Ce ne sont pas simplement des “e-rappels à la loi” qui doivent être prévus, mais toute une riposte graduée, qui prenne en compte dés le départ le degré de gravité de l’infraction et qui permette le prononcé systématique d’une composition pénale, susceptible d’appel, avec amendes et stages de citoyenneté à la clé.

La qualité du débat démocratique conditionne l’avenir de notre pays et de notre continent, nous ne pouvons plus laisser des discours d’un autre temps nous ralentir dans la recherche d’une société plus humaine, plus ouverte et plus solidaire.
by seb - 2016-02-19 14:43
Il faut vivre au XXeme siècle pour penser que le plein emploi est possible, avec l'automatisation toujours plus présente dans tous les domaines de la vie quotidienne (automatisation qui va de surcroît s'emballer dans les années à venir) et avec une mondialisation qui délocalise dans des pays à faible coût les tâches qui représentent le moins de valeur ajoutée.

Il faut vivre au XXème siècle (et/ou ne pas avoir lu Piketty) pour encore croire à cette légende qu'en flexibilisant le travail on améliorera l'employabilité, en d’autres termes, que le chômage serait lié aux difficultés à recruter ou licencier. On sait depuis longtemps que ce n’est pas le cas.

Il faut vivre au XXème siècle enfin pour penser que les rapports entre syndicats et employeurs sont des rapports égalitaires qui peuvent conduire à des accords. Les syndicats ne sont plus représentatifs de rien, faute d’adhérents, et se bornent à concentrer en un même lieu les individus les plus malins et les plus clientèlistes qui y trouveront un havre de calme arrosé d’heures de délégation.

C'est sans doute ça le problème : nous avons des dirigeants du XXème siècle, qui ne comprennent rien à ce qui arrive et qui n’anticipent en rien ce qui va arriver.

On devrait parler de transition sociale ET énergétique, on devrait anticiper la mise en oeuvre d’un revenu de base, soumettre les automates aux cotisations sociales, révolutionner la formation en la rendant obligatoire, et au lieu de ça, on a une réforme du code du travail minable, médiocre, portée par une femme qui n’a justement jamais travaillé, et qui n’avait même pas le Bac quand Martine Aubry et DSK créaient les 35h, qui ont permis jusqu’à aujourd’hui l’économie d’un million de chômeurs.

Il faut néanmoins noter qu’il y a des raisons de se réjouir: cette réforme accentuera comme jamais les injustices sociales, elle favorisera l’élection de Juppé en 2017 qui pourra se permettre de terminer le sale boulot sans n’encaisser aucun progrès notable sur le front de l’emploi, en un mot, cette réforme accélère un moment de notre histoire où nous accepterons de liquider nos vieux dirigeants pour enfin trouver des solutions dignes du XXIème siècle. Il faut simplement espérer que ça ne sera pas dans la violence.
by seb - 2012-10-01 19:51
Voici une version ebook de la fameuse traduction française de l'ouvrage de référence réalisé par les fondateur et député européen du Parti Pirate.

Télécharger en pdf
by seb - 2010-06-09 23:19
Petit chinois anonyme, je t'ai croisé à de nombreuses reprises sur eBay. Je t'appelles M. Ping car tu as toujours répondu présent. Je sais que vous êtes 100, 1000 voire même bien plus, dans la banlieue de Hong-Kong, tous anonymes, au service du consommateur occidental.

Grace à toi, ça fait bien longtemps que je n'ai rien acheté dans un magasin d'informatique. Dés que j'ai eu besoin de pièces, tu étais là contredisant ces crétins de vendeurs rondouillards qui m'auraient fait prendre des vessies pour des lanternes.

C'est certain, tes 99,7% d'opinions favorables sur eBay, tu les mérites amplement.

Quand j'ai eu besoin d'un adaptateur IDE/SATA tu me l'a vendu 4€ port inclus lorsque mon revendeur le plus proche me le proposait à 27.
Un adaptateur secteur pour un MacBook ? 30€ au lieu de 79 sur l'AppleStore.

Lorsque cet ahuri me proposait de la SDRAM vintage à 69€, toi tu me l'envoyais d'Asie pour un dixième de ce prix, et non, je t'assure, à ce prix là, le revendeur français ne me filait pas une bouteille de saké avec sa barette de RAM.

M. Ping, tu vas finir par ruiner les revendeurs informatiques occidentaux, contribuant à la sélection naturelle des resellers.

Car le commerce c'est ça et rien d'autre: vendre les produits à leur juste prix. Et à ce jeu là tu as une bonne longueur d'avance. Tu m'évites les intermédiaires parasites qui pompent une marge indécente et revendent à prix d'or ce que la Chine a produit en quelques battements de cils.

Aujourd'hui l'électronique, demain les vêtements, et puis tous les produits de consommation courante... Vous les fabriquez déjà, autant vous les acheter directement.

Oui, ce n'est pas de la fiction, la Chine produit de tout, et vend de tout, à tout le monde, et elle nous prête même l'argent pour lui acheter.

Y'a pas à dire, c'est vraiment chouette, le communisme.
by seb - 2009-06-12 01:50
Je lis souvent le blog de Jean Quatremer.

Quand on est communautariste, c'est une source d'information importante, et avouons-le, il ne faut pas compter sur la presse nationale pour savoir ce qu'il se passe à Bruxelles, ça a beau être important, c'est compliqué et donc ça ne fait pas vendre, alors on évite d'en parler.

Je vais souvent sur ce blog, disais-je, mais j'évite d'y rester trop longtemps.

En effet, si le fond présente souvent un intérêt, la forme, elle, présente de sérieuses lacunes. Ici, avant de parler d'Europe, on parle beaucoup de Jean Quatremer, de ce qui l'intéresse en Europe, de ses opinions, de ce qu'il aime (un peu) et de ce qu'il déteste (beaucoup). On franchit souvent la barriére du journalisme gonzo sans jamais vraiment en sortir.

Le lecteur assidu du blog de maitre-eolas pourra faire un comparatif rapide. Eolas donne son avis, c'est vrai, il peut lui arriver d'être partial (ce qui est loin d'être systématique), mais au bout du compte, ses billets sont toujours d'une grande qualité syntaxique, et il naît toujours un débat au sein des commentaires, qu'il ne recadre généralement que d'un simple trait d'esprit.

Mais Eolas n'est pas journaliste. Jean Quatremer, si.

Avant d'entrer dans les détails, petite visite guidée:

"Les coulisses de Bruxelles" est un blog hébergé par Libération, l'employeur de Jean Quatremer, donc. La mauvaise langue que je suis ne s'empêchera pas de penser que faute d'informer correctement ses lecteurs sur l'actualité européenne, ce journal à voulu s'assurer de remplir autant que possible l'emploi du temps de son salarié en lui confiant une tache à même de justifier que les deniers du sieur Edouard de Rothschild seraient bien dépensés. On ne peut que saluer une initiative dont ne s'est pas embarrassé, par exemple, TF1.

On constate dés l'entrée que l'auteur s'est fendu d'une notice liminaire très justement intitulée "pourquoi ce blog ?" dans laquelle, il fait le triste constat du manque d'information des citoyens sur la chose européenne, et de leur frustration face à des politiques et des médias (dont libération, donc) qui éludent un sujet sur lequel, il faut bien le dire, il ne connaissent souvent pas grand-chose.
Et de proposer au lecteur de franchir les "portes closes bruxelloises" en sa compagnie et de braquer ses projecteurs sur ces femmes et ces hommes qui "font l'Europe".

Le ton est donné, on va parler d'Europe, et le lecteur en salive d'avance. Il va enfin connaître la différence entre une directive et un règlement, va comprendre pourquoi la procédure de codécision est plus démocratique que la procédure de consultation, il va être sensibilisé à la reconnaissance des droits fondamentaux par la CJCE, et enfin savoir pourquoi la Grande-Bretagne ne fait pas partie de l'espace Schengen contrairement à la Suisse qui, pourtant, ne fait pas partie de l'UE.

Grave erreur.

Car les coulisses de Bruxelles sont au droit communautaire ce que Voici est au monde du spectacle: si vous vouliez embellir votre matinée en prenant connaissance de l'emploi du temps vespéral de J.M. Barroso, vous serez amplement servi, si vous êtes venu pour du technique, vous vous êtes trompé d'endroit.
L'Union Européenne a beau représenter un ordre juridique inédit, une machinerie passionnante, des rouages complexes, il y aura toujours des sujets plus intéressant à la caféteria de la commission.

Le droit communautaire, Mr Quatremer s'en moque, à tel point qu'on pourrait le soupçonner de ne pas y comprendre grand-chose (Il suffit de relever certaines énormités juridiques pour s'en rendre compte).
Et fut-il spécialiste de la question, il préfère la politique, surtout quand ça cogne, ça fait monter son audimat, et quand on commence à parler chiffres, là il est trés content.

Ceux qui lui objecterait qu'en tombant dans une chronique politique de dimension communautaire, en privilégiant ce qui est court, simple et manichéen au détriment de ce qui est technique, compliqué, mais fondamental il a largement loupé son pari de départ risquent fort de déchaîner la bête médiatique.

Acrimed en a fait les frais. Cet observatoire des medias, constitué d'universitaires, de journalistes, et d'usagers, publie des articles de grande qualité sur son propre site, et avait osé dire que sur la directive Bolkstein, l'auteur des coulisses de Bruxelles avait publié des billets partisans, faisant une lecture très personnelle de la directive, et présentait comme avérées des informations controversées. Le couperet s'abattit sur la tête des impudents quelques jours plus tard, sous la forme d'un billet les qualifiant une bonne fois pour toutes de "théoriciens du complot". Affirmation sortie de nulle part, mais bon, ici le péremptoire est de rigueur, on vous aura prévenu.

Et là cher lecteur, vous me direz: Si l'on peut contester la pertinence de certains billets, peut-être trouverons nous une ouverture, un salut, une rédemption au sein des commentaires. Et bien non. Car ici le débat est limité, comme souvent, par une audience qui ne fait que s'inscrire dans une moule que le maître des lieux a bien voulu graisser pour elle. Si vous ajoutez à celà les inévitables hardcore nonistes qui quadrillent la place, vous avez un charmant tableau.

Le débat, on l'attend, on l'espère, et à la lecture des premiers commentaires, généralement laudateurs, souvent approximatifs, on sent qu'on s'achemine tout droit vers une cinglante déception.

Et c'est presque toujours le cas.

Car ceux qui commentent un article chez Quatremer, c'est pour lui dire qu'il est génial, qu'il a raison, qu'ils admirent son travail et qu'ils adorent son blog. C'est ça ou conchier cette europe-libérale-et-pas-démocratique-dirigée-par-des-technocrates. Dans les deux cas ça n'avance à rien, mais ça permet au moins au maitre des lieux de se défouler à peu de frais. Car pour lui, diriger le débat consiste à afficher le plus grand mépris pour les commentateurs. En partant du postulat qu'on a raison sur tout, c'est certainement beaucoup plus simple. Notons tout de même que les meilleures perles nous échappent puisque les commentaires sont modérés a priori

A l'occasion, cette tendance à s'estimer au-dessus de la mêlée peut avoir des avantages, c'est ainsi qu'auréolé de sa seule certitude, Mr Quatremer déclara, à contre-courant de la presse nationale, que Dominique Strauss-Kahn, tout juste nommé à la tête du FMI, était un incurable coureur de jupons, lui prédisant un triste sort et s'attirant au passage une volée de bois vert. Il fallait oser, il l'a fait, et la suite lui a donné raison.

Car ce qui intéresse Mr Quatremer au fond, ce n'est pas l'information ou la norme juridique, ce qui l'intéresse, c'est l'affrontement et la polémique. Elle guide sa plume comme Junon la flèche d'Ascagne. Il est considéré par beaucoup comme un "blogueurinfluent" (titre honorifique réservé à ceux qui explosent leurs bilan Google Analytics), il est triste de constater qu'il ne le doit qu’à la quasi-absence de concurrence sur la thématique européenne.

Il a un riche avenir devant lui, aucune épidémie d'europhilie ne pointant le bout de son nez, son exclusivité risque de durer encore longtemps.
by seb - 2007-11-30 22:00
Un mot tout de même pour la sncf qui va peut-être en avoir marre au bout d'un moment de rembourser des centaines de clients pour des retards imputables au manque d'entretien de ses lignes.
Ce fut le cas Samedi dernier, lorsque mon TGV, après avoir quitté tranquillement la gare de Bordeaux, s'arrêta cent mètres plus loin sur la Garonne après avoir arraché une caténaire qui manifestement n'était pas des mieux fixées. L'incident s'étant produit à deux heures du matin, il fallut attendre (dans le noir, bien entendu) pendant prés de trois heures que les techniciens d'astreinte soient rappelés, arrivent, découpent le pantographe au chalumeau, avant de faire rentrer le TGV en gare pour que les passagers prennent une rame en meilleur état. L'attente est passée inaperçue pour la plupart des passagers, profondément endormis, mais pour ma part n'ayant pas sommeil, et le bar étant fermé la nuit par manque de rentabilité, elle fut longue et ennuyeuse.
On peut certes saluer la gentillesse et le professionnalisme des agents SNCF, débordants d'excuses, de conseil, et de collations offertes par la maison.
Les billets seront remboursés, mais il n'en ira pas de même des billets d'avion dont étaient titulaire les trois quarts des passagers, Espagnols pour la plupart, qui furent dans l'impossibilité d'être à Orly à l'heure pour leur avion, l'arrivée du train ayant eu lieu avec trois bonnes heures de retard.
La prise en compte de "la gêne occasionnée" si elle a été faite avec professionnalisme, ne suffira pas a gérer l'expansion inéluctable de ce type de problème si des efforts ne sont pas faits pour entretenir correctement le réseau. En tout cas il y a une centaine d'ibériques à qui la sncf ne pourra plus faire préférer le train.